Le Nigéria, le pays des extrêmes, avec ses 200 millions d’habitants, ses villes tentaculaires et sa mauvaise réputation due aux attaques rebelles au nord du pays et le massacre de villageois par les troupes de Boko Haram. Pays Anglophone , le Nigeria est bouillonnant, actif et attachant.
Nous étions trés conscients des dangers potentiels que cette traversée engendrait et nous avons choisi une route à peu près directe entre le Bénin et le Cameroun, sans trop se soucier des sites touristiques.
Plusieurs voies étaient possibles à l’intérieur du pays.
Mais pour les occidentaux, toutes les routes qui traversent le Nigéria amènent à une seule frontière ouverte avec le cameroun, à l’ouest du pays dans les montagnes.
Zone rouge: Interdit de voyager | Zone orange: Dangereux
Notre route est disponible ici!
Nous vous proposons de suivre cet itinéraire jour après jour et de partager avec nous quelques bons moments !
15 Novembre: Porto Novo (Frontière Benin) – Abé Òkúta (171 km.)
Nous remontons une cinquantaine de kilomètres à partir de Porto-Novo au Bénin pour passer la frontière .
Nous disons au revoir au Bénin avec un petit pincement de coeur car nous avons bien le sentiment de n’avoir que survolé le pays. La perspective de ce qui nous attendait avec le Nigeria nous occupait pas mal la tête et nous n’étions pas complètement détendus pour la visite du Bénin.
On se lance dans la gueule du loup à Idi-oroko, frontière Nigeria. Première impression, les militaires et les policiers sont plutôt baraqués et directifs pour ne pas dire autoritaire! Les bâtiments sont en dur, plusieurs étages mais pas entretenus depuis longtemps. Les douaniers sont plutôt bien organisés et efficaces.
Je traverse d’un bâtiment à l’autre, sans trop savoir où aller pour tamponner passeports, visas et carnet de passage pour la voiture.
A chacun de mes passages, je vois Kees qui dépasse d’un attroupement de femmes criantes et gesticulantes …Aïe , je crains qu’il ne soit pas en bonne situation pour acheter de l’argent nigérian à bon taux! C’est la pire des situations: une chaleur étouffante, du stress, une monnaie inconnue, et des harpies en boubous qui veulent t’arnaquer! Ça n’a pas manqué d’arriver, nous avons échangé nos euros en nairas à prix d’or ( mais bon c’est une monnaie régulièrement dépréciée qui ne vaut pas grand chose …) .
Même en échangeant 50 euros on se retrouve avec une belle liasse de billets…Picsou aurait du habiter au Nigéria pour prendre ses bains dans les billets de banque !!
Nous voilà partis sur les routes, qui alternent entre goudron 100% et goudron 0% avec une belle variété entre les 2….
Première halte pour la nuit, nous trouvons un parking d’hôtel qui accepte de nous laisser dormir dans notre COJO avec ouverture d’une chambre pour 10 000 nairas (5,80 euros). Nous sommes chanceux, pas de musique tard dans la nuit et pas de générateur non plus !
16 Novembre: Abé Òkúta – Ìorin (255 km.)
Départ après une bonne nuit. Comme nous avons fait nos réserves de nourriture à Cotonou, (solide et liquide), nous ne cherchons rien sur notre passage. J’ai du lait entier pour faire les yaourts ( absolument essentiels au menu d’une soirée réussie !), des oeufs et de la farine pour les crêpes du matin qui accompagnent le café ! et beaucoup de pâtes, riz et sauces! .
Nous passons la journée en voiture. Journée très bruyante avec le traffic, l’atmosphère polluée, les gaz d’échappement se disputant à la poussière pour se frayer un chemin dans nos narines, nos gorges et nos yeux.
Nous rencontrons aucune difficulté majeure . quelques check points vite passés.
Nous nous congratulons d’avoir choisi de contourner Lagos par le nord, pour échapper aux bouchons, trop fiers de nous…. jusqu’à 15h30 ! Le glas a sonné, et l’arrêt de la circulation aussi.
Nous sommes sur une 2×2 voies non bitumées, qui présentent une alternance peu orthodoxe des voies de circulation car il y a des travaux.
Bingo ARRET.
Après une heure d’arrêt complet, sans aucune visibilité, coincés entre les camions et les voitures qui sont prêtes à monter sur le capot pour gagner une place, je pars aux renseignements.
J’aperçois le fautif : un simple carrefour avec un amas de voitures et de camions enchevêtrés . le problème ? 4 lignes de voitures et camions…qui font face à 4 lignes de voitures et camions mais…en sens inverse.
Nous allons rester 2 heures sans bouger dans un air irrespirable!
J’ai bien cru qu’on allait dormir sur place tant c’était une situation inextricable. Il y a eu intervention de la police, qui tapait sur les capots des voitures pour les empêcher d’avancer, mais chacun faisant ce qui lui plait plait ,le moindre espace qui se libérait était comblé, sans aucune logique…
Puis il y a eu une bienheureuse ouverture (divine ?) et nous avons passe ce p…n de carrefour. Après, ce n’était pas non plus le nirvana mais bon…
C’est fou comme l’être humain est capable de tout relativiser pour survivre au chaos ; Comme nous avions attendu 2 heures sans bouger, avancer à 5 km/h nous a paru d’une audace exquise!
Du coup, nous sommes arrivés de nuit à notre campement, heureusement très sympa avec des proprios originaux et cools
Quelques photos avant de repartir

Découverte de l’environnement et du lac
17 Novembre: Ìorin – Egbe (135 km.)
Ce matin , nous enfilons notre panoplie de gentils voyageurs et partons sans broncher sur les routes …
Ilorin est une très grande ville avec un immeuble de 26 étages qui a fait sa fierté …
Prochaine étape Egbe à 135 kms.
La route est mauvaise et notre moyenne horaire aussi ! vers 16h nous arrivons à Egbe, plutôt gros village que ville.
Sur notre application de voyage , nous n’avons aucune information pour dormir ce soir …et le bivouac est exclu dans cette partie du Nigeria . Nous cherchons les pancartes d’hôtel sur la route , généralememt très difficile à lire car toute rouillée …finalement le pifomètre en action , nous trouvons un chemin…et une demeure avec une grande cour.
Après discussion, les proprios, 2 frères connaissent la France et nous invitent à passer la nuit chez eux , free of charge. Encore une fois nous sommes au calme et en sécurité.
Ils habitent à l’étage de leur grande maison . La maison est meublée avec 2 canapés, une table basse. et un billard. Nous nous sommes rendus compte que très souvent il n’y a pas beaucoup de meubles ou de bibelots dans les maisons “cossues”. De l’espace et des pièces presque vides …Manque d’intérêt pour la déco , d’argent , nous ne savons pas.
La photo souvenir et c’est la chenille qui redémarre…
18 Novembre: Egbe – Lokoja (194 km.)
Nous enfilons tant bien que mal les kilomètres. Et aussi les check-points. Ils sont très, très, très nombreux et ont tous leur spécificité.
Une ficelle , une barre en bois, des planches avec ou sans clous, des guitounes de fortune, des casemates avec sacs de ciment, des abris en bois.
Puis il y a des militaires, des agents de sécurité routière, des policiers, des douaniers, des gilets oranges avec des écussons (?) , il y a ceux qui sont debout pour nous intercepter, ceux qui sont assis et qui ont un système de corde pour ouvrir le passage à distance…, ceux qui sont curieux pour nous connaitre.
Tous ont certainement reçus des consignes strictes sur le passage des étrangers car très peu nous demandent de leur laisser quelque chose ” tu as quelque chose pour moi ?” ou de sortir nos papiers. Les contrôles se passent de manière rapide, “D’ou venez-vous ?”, “Où allez-vous ? Quelques échanges sur le Nigeria et thats all !
Nous avions beaucoup d’appréhension pour traverser ce pays suite à la lecture et au visionnage de videos . Nous nous attendions à croiser des militaire et des policiers agressifs et corrompus, rien ne s’est produit et nous avons été reçu partout comme des rois.
Allez, ce soir on dort à Lokoja, à la Nigeria Union of teachers, varions les plaisirs, mais l’endroit est plutôt bof bof …
19 Novembre: Lokoja – Otukpo (210 km.)
Ce matin , c’est la traversée de ce fleuve immense le Niger. Ce nest pas le meilleur spot pour les photos, le pont est moderne et assez haut, difficile d’attraper une image. Et les abords sont pleins d’eau , nous n’irons pas patauger dedans.
Sur la route, des installations énormes, des usines de cimenterie et des camions qui circulent avec leur chargement. La principale corporation s’appelle DANGOTE.
Nous vivons dans un brouillard permanent. Les routes avec leur poussière rouge qui se dépose sur les grandes feuilles et arbustes alentour, et les camions avec le ciment et les nuages gris autour d’eux.
20 Novembre: Otukpo – Otukpo (0 km.)
Joli bivouac dans une cour arborée, avec de l’herbe, un gardien trop fier de ses jolies fleurs.
Nous nous sommes reposés la journée. lessive, cuisine, tri des photos et videos, etc..On recharge les batteries pour la 2ème partie du voyage
21 Novembre: Otukpo – Katsina Ala (155 km.)
Nous commençons à revoir les huttes aux toits de chaume et des champs cultivés. Pas de brousse ici, quelques collines et des villages éparpillés.
Nous remarquons des petites huttes avec une gouttière pour récupérer l’eau. Ce procédé est realisé dans quelques villages sur une cinquantaine de kilometres puis cest fini on ne le verra plus !
Toujours les artisans et vendeurs de fruit et légumes sur les bords de route. Ici ce sont des cercueils blancs qui sont fabriqués .
Des stands avec des bouteilles d’essence également pour les motos, proposés par litre.
Cette partie du pays commence à être différente, plus rurale.
Ce soir nous dormirons à Katsina. Nous avons repéré une possibilité de bivouaquer dans l’enceinte de la cathédrale.
Un grand espace herbeux, quelques arbres et des enfants et adolescents qui répètent des chansons et des danses pour une manifestation religieuse . Nous faisons aussi la connaissance du père Simon .
Nous sommes bien installés et heureux d’être là
La suite bientôt …


















