Depuis kissidougou nous avons le choix de continuer la route principale qui va à Macenta ou de prendre une piste dont la renommée ici est assez unanime : la route est très très mauvaise.
Rien que son nom , la route du café, ça nous émoustille trop pour ne pas la tenter.
Alors Go …
Nous allons découvrir le long de cette piste beaucoup de facettes de l’agriculture de cette région, et des traditions de culture ancestrale.
Commençons par le riz qui est présent partout en guinée sous ces 4 formes cultivables: mangroves, bas-fonds (dans les creux des collines ou il y a des rivières ), fluvial (planté sur les coteaux des collines et alimentés par les pluies ), estuaires.
C’est le plat de résistance, on le propose pratiquement à tous les repas
La culture des palmiers est aussi très répandue pour l’huile de palme. C’est une culture dite de rente car ils vendent ce qu’ils produisent .
Ils coupent les branches qui supportent les fruits , ensuite ils les mettent au soleil pour qu’ils puissent retirer les noix de palme de leur gangue,
Ensuite ils cuisent les fruits ou ils les malaxent pour extraire l’huile .
Partout nous voyons des ex-futs de pétrole, fumants. Les femmes font bouillir ces noix et les remuent. Le premier bouillon permet d’extraire la pulpe, puis le liquide est mis dans de grandes cuves et elles récupèrent les coques. Les coques servent à la fabrication du savon.
Une 2ème cuisson va saturer l’huile et ce liquide rouge sang sera ensuite stocké dans des futs et emmené en camions.
Dans les plus petites installations artisanales qui sentent aussi très fort un mélange d’huile et de fumée …le processus est un p[eu différent sur la première phase, pas de cuisson mais pilage des noix pour faire remonter l’huile et la cuire pour quelle devienne rouge.
Dans cette région nous croisons beaucoup de petites installations fumantes et odorantes..(pour un peu qu’ils aient aussi de l’élevage de porc, en complément de revenus.) Les porcs se nourrissant des résidus des noix …Circuit court de production! …
Après nous partons à la découverte des premières plantations d’hévéa en Afrique. Il y en aura beaucoup plus en côte d’Ivoire (tout est “plus”en Côte d’Ivoire par rapport á la Guinée) mais nous en voyons quelques unes ici . Ils récoltent la sève dans des godets et les stockent sans aucune transformation, avant de les vendre. Ca pue désagréable et c’est assez mou au toucher!
Plus sympa pour nous à voir et à manger c’est la culture des ananas ! En ce moment on les trouve pour 3 fois rien sur les marches et nous apercevons quelques plantations.
Un soir nous avons la chance de découvrir un éden au milieu de cette jungle. Nous avons toujours des difficultés en Guinée à trouver un bivouac tant la végétation est dense. Surtout il n’a pas de petites piste pour les voitures qui partent de la piste principale et qui nous permettent de trouver un coin tranquille .Il n’y en a pas car il n’y a pas de voitures! Nous voyons juste des sentiers pour mobylettes et piétons et vélos. Aussi on cherche des anciennes carrières car elle sont souvent plates et défrichées, en bordure de route. Pas de risque de mauvaises rencontres…Pas glamour non plus..
Mais là, on aperçoit de la route un terrain herbeux et propre, en surplomb de la piste et pas envahi d’herbes en tout genre. Un local est là , quelle chance on va pouvoir lui demander l’autorisation de camper.
Lambert s’avère être bien le propriétaire du lieu. Son champ est tout en longueur , super entretenu avec des allées bordées par des fleurs. Il nous fait faire le tour du propriétaire, nous invite à nous installer “comme chez vous”. Nous passerons le lendemain une très belle matinée autour du café, à papoter.
Merci Lambert (fonctionnaire de la santé retraité) et grand coup de chapeau pour continuer à maintenir ce champ, à planter chaque année un rang de café en plus, une allée de manguier, au rythme de tes moyens.
En Guinée forestière, leș locaux sont catholiques ou musulmans et tous sont un peu animistes .
Chaque village a sa forêt sacré où les hommes emmènent les garçons pour initiation aux techniques ancestrales nécessaires à la vie dans les champs. Cela dure 3 mois .
Les filles ont aussi un équivalent, plutôt vers une rivière (marigot) , où les hommes n’ont pas le droit de venir.
Il y a plein de “street art” sur les murs des petites maisons.
Les noms des bars ou des coiffeurs sont tagués sur les murs.
Nous aurions pu en prendre des dizaines en photo avec un peu de courage, car il y a une magnifique diversité. Leur naïveté est artistique et ce plein d’imagination dans les dessins et les noms rythment notre route.
Ce qui rythme notre route ce sont aussi les arrêts pour trouver de l’eau et le pompage. C’est rare quand c’est nous qui le faisons
En général les femmes ou les enfants veulent absolument nous aider.
Ils faisaient à tour de rôle car c’était un peu dur pour eux mais ils se battaient presque pour ne pas rater leur tour !
d’autres préfèrent poser pour la photo…





















