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Conakry, mon amour, ma haine !

Amour ou détestation ? Peut-être les 2 facettes d’une même pièce ! Loin des cascades et des forêts vierges, il y a la capitale qui s’étale sur des kms ( 30 pour être précis) et qui est un petit enfer à traverser avec Cojo.

Nous devons nous y résoudre car nous avons besoin d’aller à l’ambassade de la Côte d’Ivoire, presque au bout de la péninsule pour faire nos visas.

Ce quartier abrite le palais présidentiel et est très surveillé.

Le degré de nuisance sonore est à son comble. Chacun, motos, triporteurs, voitures et camions, ont une manière très personnelle de conduire. Les règles routières sont extrêmement bien bien suivies ici, par exemple et par priorité:
Je n’attends jamais derrière un véhicule même si je ne peux visiblement pas passer normalement, je passe à droite à gauche au milieu et résultat je bloque le passage et commence un bouchon inextricable.
Je klaxonne en permanence pour avertir que je fais n’importe quoi mais comme tout le monde klaxonne on ne sait plus pour quel motif, prévention, passage en force etc..et qui ça concerne…
Je m’arrête n’importe où, y compris dans les carrefours, soit par envie, soit parce que je suis en panne.

De temps en temps nous sommes surpris par l’existence de feux tricolores qui dépassent à peine du capharnaüm. De toute manière ils ne sont respectés que par certains et servent surtout de prétexte à nous arrêter. Comme vous allez voir c’est un des sports favoris des policiers de Conakry …

Et oui, nous nous faisons arrêter à chaque fois qu’un policier nous repère : généralement nous attendons en plein soleil qu’ils fassent semblant de contrôler les papiers de la voiture, qu’ils discutent entre eux et nous demande le document farfelu que nous n’avons bien sûr pas.

A chaque discussion, le schéma est identique.
Nous restons sur nos positions, expliquons que ce document réclamé subitement, aucun policier ne nous l’a demandé auparavant, alors qu’on s’est déjà fait contrôler 5 fois depuis 1 heure de temps. Notre dernier argument est: “ok on va voir ton chef au poste de police”
Là encore 2 à 3 minutes de résistance puis ils nous disent de circuler.
Grrr grrr !

Notre première nuit , nous avons dormi dans une chambre gérée par l’archevêché, matelas défoncé et murs à ne pas approcher, douche froide et eau à débit parcimonieux., mais c’est tout près de l’ambassade et le bâtiment colonial a de l’allure !
un grand jardin derrière avec quelques habitantes.

Le lendemain visite à l’ambassade pour déposer notre dossier, je dois cavaler faire des copies de nos documents car les copies que nous avons ne sont pas au format administratif (sic)..
Pour obtenir les visas Côte d’ivoire , le processus est de faire d’abord le paiement en ligne et il délivre un reçu du paiement électronique. Mais il doit être imprimé pour le dossier (ahah) .
Bon on remplit les formulaires et le préposé un rien bourru, nous dit que nous pouvons revenir à 14h30 pour récupérer passeports et visas.

Nous revenons à 15h15 et trouvons porte close! On a juste oublié que nous sommes vendredi et qu’à 15h, c’est l’heure de la prière. Prochaine ouverture de l’ambassade lundi matin ! NOOOOON
Un peu, (beaucoup en fait) de désespoir nous envahit…
Pas envie de récidiver à l’archevêché ! Cellule de crise entre Kees et moi et on décide de tenter un autre hôtel qui accepte le campement dans sa cour. Après des embouteillages monstrueux, nous arrivons , hagards et transpirants, et nous sommes accueillis très gentiment par la propriétaire, 88 ans , française et habitant à Conakry depuis 65 ans. Toute l’équipe est serviable et attentionnée . 1,2,3 nous respirons un peu !

Seul bémol, l’endroit est extrêmement bruyant pour dormir , juste à côté de la route ( je rappelle que la route à Conakry est une salle de concert de Klaxons jour et nuit ) mais il y a un jardin sympa et une bonne ambiance . On a même eu droit à l’ouverture d’une chambre pour profiter de la salle de bains, propre et fonctionnelle. Du bonheur.

Night club à côté de notre sweet home!

Enfin lundi arrive! Nous décidons de ne pas retourner en ville avec Cojo et je prends une moto taxi. Zig zag sur les routes, passage au ras des voitures et des autres motos, je suis en apnée derrière mon chauffeur!

Bingo , j’ai la mauvaise idée de sortir mon téléphone pour filmer le “rodéo de la route”, un policier nous arrête , assez brutalement et me demande si j’ai une autorisation pour filmer . Je lui propose d’effacer ce que je viens de filmer, mais non il nous demande de l’accompagner au poste de police.
Il y a de l’ambiance au poste, ça crie de partout. Il explique à un sous chef le délit me concernant, puis à un autre chef , qui nous demande d’attendre, mon téléphone toujours dans leurs mains.
Puis sur un ton extrêmement protocolaire je suis invitée à aller dans le bureau du commissaire divisionnaire.

Il me demande pour la 5ème fois si j’ai une autorisation pour filmer, je suis désolée de lui expliquer que toujours pas . Puis au bout de 5 minutes, changement de ton. Il me demande d’où je viens en France, et commence à me montrer des photos de ses enfants.
Cerise sur le gâteau quand il me montre une video de ses vacances tournée dehors sur une place de Saragosse . A-t-il une autorisation de filmer ?

Au bout dune heure je repars du commissariat avec mon téléphone et mes videos et heureusement l’ambassade est encore ouverte !

Cette capitale est assourdissante, vibrante, vivante . Des corniches sur la mer surplombent quelques rochers gris ou des bouts de plages et nous voyons les jeunes qui organisent des tournois de foot dès qu’ils trouvent des surfaces plates, parfois au milieu des plastiques et autres déchets.

Nous sommes en pleine coupe de foot du continent africain , la “CAN 2024” et la Guinée rencontre en huitième de finale ce soir la Guinée équatoriale. Ça chauffe dans les rues! Littéralement aussi car nous avons l’impression d’être dans un hammam jour et nuit.

Être dans les rues c’est être envahis par l’explosion de nos sens , l’ouïe, j’en ai déjà parlé, l’odorat avec les plats préparés dehors et les caniveaux débordants , le toucher avec cette moiteur et la poussière, la vue avec tout ce qui se passe devant, derrière, dessous. Regarder en permanence où nous marchons, les trottoirs étant réservés à tout sauf aux piétons qui sont, dans ‘la chaine du vivant de la rue”, le dernier maillon avant les chèvres et après camions, voitures, motos, vélos. Personne ne fait attention aux piétons. La règle est plutôt de prendre tout de suite une moto taxi, dont le coût est minime, plutôt que de marcher.

Enfin Conakry ce sera aussi une petite visite à l’hôpital. Depuis une semaine , Kees a des vertiges, un peu de fièvre, mal partout et ne s’alimente plus. Direction les consultations médicales . Il est pris en charge rapidement et fait la liste de ces symptômes dans un bureau où sont 5 personnes. On ne sait pas qui est qui, qui est le médecin, qui ne l’est pas … auscultation, pesée, tension (tensiomètre en panne ?). Il ressort avec une liste d’examens longue comme le bras, une prescription anti palu et antibiotiques et un anti-parasites intestinal
A la Pharmacie ( il y a des pharmacies partout ) il prend l’antibio et l’anti-parasitaire et on attend 48 h
Tout rentre dans l’ordre comme ça ! Une très bonne nouvelle …
Il n’a plus qu’à se remplumer un peu avec des bons petits plats, hum hum …

1 Comment

  • Ange
    Posted février 8, 2024 at 13:58

    Quelles épopées !! Kees je veux bien t’envoyer un menu complet pour te remplumer. Bon courage les amours.
    A bientôt

    Répondre

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